Archives de catégorie : Textes à méditer
Des petits textes pour nous donner à réfléchir
Ombre et lumière
Il faisait déjà sombre lorsque Ning, Chang et Kong partirent trouver Shen, leur vieux Maître, dans la montagne.
Ils avaient décidé d’aller le consulter, car ils se faisaient sans cesse entre eux des reproches qui ternissaient leur amitié.
Dans l’agitation du départ, ils partirent sans lanterne et gravirent péniblement le chemin escarpé et dangereux qui menait chez le Maître.
Ils arrivèrent exténués, les mains et les genoux écorchés.
Le vieux Shen les fit entrer.
– Que voulez-vous ?
– Nous sommes venus te trouver, dit Chang, car nous éprouvons les uns envers les autres des sentiments négatifs qui nous empêchent de vivre en harmonie. Nous avons besoin de tes lumières.
– Je vous écoute répondit Shen.
– Ning m’énerve, dit Chang. Je le trouve hésitant, passif et soumis.
– C’est possible, dit Shen, mais as-tu pensé que s’il est ainsi, il est peut-être aussi réfléchi, réceptif et calme ?
– Chang m’agace, dit Kong. Je le trouve autoritaire, agressif et intolérant.
– Cela se peut, dit Shen, mais il est probablement aussi entreprenant, combatifet direct.
– Kong m’irrite, dit Ning. Je le trouve fourbe, manipulateur et hypocrite.
Alors, dit Shan, il est vraisemblablement aussi habile, convaincant et diplomate.
– Pas d’ombre sans lumière, ni l’inverse, ajouta en souriant le vieux Maître. Avant de repartir, prenez ma lanterne. C’est plus prudent avec cette obscurité.
Kong, Chang et Ning prirent le sentier du retour sans trébucher ni tomber. Chemin faisant, ils s’amusaient du jeu des ombres et des lumières projetées par la lanterne de Shen.
Texte de Charles Brulhart, Janvier 2007
Tout comme Ning, Chang et Kong, nous avons tous des défauts. Mais derrière ceux-ci se cachent bien des qualités. Et si, lorsque nous nous sentons agacés par quelqu’un, nous essayons de regarder son autre côté, celui de ses qualités ?
Et si l’autre était notre miroir, et si ces défauts qui nous agacent chez lui nous les avions également ? Qu’en pensez-vous ?
Excellent journée – Mabelle
Agir ou accepter
François était travailleur, courageux et tenace. Il cultivait sa terre avec bonheur. Ses champs les plus fertiles s’étendaient le long du fleuve. Il les appelait ses terres du bas.
Sur les terres du milieu, il y avait sa ferme entourée de vergers, de prairies et de quelques cultures.
Sur les terres du haut, plus arides, poussaient des oliviers.
Jacques était un vieil ami. Il avait quitté le village pour parcourir le vaste monde. Il avait bourlingué pendant des années avant de revenir au pays, la peau tannée, la besace pleine de récits merveilleux et d’une bonne dose de sagesse.
Le fleuve, bon an mal an, sortait de son lit et fécondait les terres du bas puis se retirait. François l’appelait son allié.
Cette année-là, les eaux gonflèrent plus que de coutume. Un flot tumultueux envahit les terres du bas et submergea bientôt les terres du milieu. François mit ses bêtes à l’abri sur les terres du haut et rejoignit sa ferme à la nage.
Réfugié à l’étage, il voyait les flots grossir inexorablement. La peur commença à étreindre son coeur, mais il ne voulut pas abandonner sa maison.
L’eau monta encore. Il se retrouva sur le toit, serrant contre lui quelques objets.
Jacques veillait au grain. Il connaissait bien son ami: il était si obstiné qu’il se serait laissé emporter par les flots plutôt que de quitter ses biens.
Jacques dirigea sa barque vers la ferme.
– Monte, dit-il. Les eaux vont t’emporter.
– Pas question, elles finiront bien par se retirer. Je ne quitterai pas mon toit.
– Fuir vaut mieux que risquer la mort. Pour faire face au danger, il vaut parfois mieux l’éviter, s’en éloigner, partir.
François décida de suivre Jacques. Il s’installa dans une grange qu’il possédait sur les terres du haut. Les jours passèrent. Les eaux ne baissaient toujours pas.
D’alliée, la nature était devenue hostile.
François sentit monter en lui une profonde colère contre les éléments déchaînés, qui se transforma vite en un désir puissant d’affronter et de combattre ce nouvel ennemi. Il réussit à convaincre les hommes du village de mener ce combat avec lui. Ensemble, ils réussirent à construire des digues et de solides murs pour séparer les eaux des terres du milieu et regagnèrent ainsi une partie de leurs vergers et de leurs champs.
Mais les terres du bas restaient sous les eaux. Le terrain y était instable, les digues s’affaissaient.
Jacques voyait François lutter sans succès.
– Laisse tomber, lui dit-il, cesse ce combat vain et épuisant.
– N’y compte pas, répliqua François. Je ne suis pas un lâche.
– Au contraire, dit Jacques. Tu as fait tout ce que tu pouvais pour sauver tes terres. Tu as lutté avec courage et ténacité. Mais la nature est plus forte que nous. Changer les choses ne dépend plus de toi. Aie la sagesse d’arrêter ce combat.
– Me résigner, rétorqua François, jamais.
– Reconnaître ton impuissance et cesser d’épuiser tes forces dans une lutte vaine n’est pas de la résignation, dit Jacques, mais une façon de commencer à faire le deuil de tes terres du bas, à abandonner ton rêve de tout récupérer et à accepter cette nouvelle réalité. Si tu ne réussis pas à l’accepter tu pourrais effectivement sombrer dans la résignation ou le désespoir, et passer ton temps à ruminer ton impuissance et ta frustration ou à regretter ce que tu as perdu.
– Mais les flots se retireront peut-être, rétorqua François, dans un dernier effort pour s’accrocher à cette réalité à laquelle il tenait tellement. Ou nous finirons par trouver un moyen de construire des digues plus solides.
– Si cela arrive et si entre temps tu as réussi à faire le deuil de tes terres, dit Jacques, ton bonheur de les retrouver sera d’autant plus grand.
– Je pense que tu as raison, dit François, même si ce que tu suggères me paraît très dur.
– Oui, répondit Jacques, le chemin de l’acceptation est très difficile. Il demande autant de courage et de ténacité que la lutte contre les éléments.
La tristesse t’envahira souvent. Sache l’accueillir, car elle t’aidera à avancer et te permettra de mesurer le chemin parcouru.
Quand elle te quittera, tu seras arrivé à destination.
François estima une fois encore que son vieil ami faisait preuve de sagesse et décida d’accepter la perte de ses terres. Cela fut long et difficile, mais il y parvint.
N’étant plus obsédé par la récupération de ses terres, il put consacrer toutes ses forces à valoriser ses champs, ses vergers et ses prairies du milieu et du haut.
Il retrouva sérénité, entrain et joie de vivre.
Quelques mois plus tard, Jacques dit à son ami qu’il s’apprêtait à faire un long voyage pour rendre visite à un vieux compagnon d’aventure.
– Si tu veux, tu peux m’accompagner, dit Jacques. Tu mérites un peu de repos, après le travail ardu que tu as accompli ces derniers mois.
François y consentit et ils partirent pour un pays lointain retrouver le vieil ami de Jacques. On l’appelait Archimède. C’était un vieil homme original et ingénieux. En toute circonstance, il trouvait un moyen de se tirer d’affaire.
Un jour, Jacques suggéra à François d’accompagner Archimède au marché. Ils traversèrent un village qui attira l’attention de François car il ressemblait étrangement au sien. Un fleuve le traversait, bordé de champs et de prairies. Mais ce qui l’intrigua surtout, ce fut un groupe d’hommes occupés à travailler dans les eaux peu profondes longeant les berges du fleuve.
– Que font-ils, demanda François ?
– Ils ont fixé sur le fond du fleuve des nasses pour attraper des poissons, répondit Archimède.
Alors François comprit que Jacques, par l’intermédiaire d’Archimède, lui avait une nouvelle fois tendu la perche. Il rentra chez lui, reconquit ses terres du bas, qui étaient devenues les hauts fonds du fleuve, en y installant des nasses pour y prendre des poissons. Et le fleuve redevint son allié.
Texte de Charles Brulhart, Janvier 2006
Il est bien inutile de vouloir lutter en permanence, il s’agit d’accepter les limites de notre maîtrise des choses, des événements et du monde. Et de lâcher-prise.
Merveilleuse journée – Mabelle
Les deux moines et la belle jeune femme
Deux moines Zen s’apprêtaient à traverser une rivière.
Ils rencontrèrent une très belle jeune femme qui désirait aussi traverser, mais elle avait peur.
Aussi l’un des moines la prit sur ses épaules et la porta sur l’autre rive.
Son camarade était furieux. Il ne dit rien, mais il bouillonnait à l’intérieur: c’était interdit !
Un moine bouddhiste ne devait pas toucher une femme.
Et non seulement il l’avait touchée, mais il l’avait portée sur ses épaules.
Les kilomètres passèrent. Lorsqu’ils atteignirent le monastère, en franchissant la porte, le moine en colère se retourna vers son compagnon et lui dit :
– Eh bien, je vais devoir parler de cette affaire au Maître et tout lui raconter. Ce que tu as fait est interdit !
Le premier moine s’étonna :
– De quoi parles-tu, qu’est-ce qui est interdit ?
– L’as-tu oublié ? demanda le second. Tu as porté cette belle jeune femme sur tes épaules !
Le premier moine rit et dit : Oui, je l’ai portée. Mais je l’ai laissée près de la rivière, à des kilomètres en arrière. Mais toi, es-tu encore en train de la porter ?
Texte de Charles Bruhault
Les choses que nous évitons ou condamnons sont révélatrices de nos désirs cachés
Une bonne soupe
Une vieille dame s’arrête un soir dans un restaurant d’autoroute.
Elle va au self et prend une soupe chaude,puis va s’asseoir toute seule à une table.
Elle se rend compte qu’elle a oublié de prendre du sel.
Elle se lève, erre un peu dans le restaurant avant d’en trouver, et retourne à sa table.
Mais en revenant, elle y trouve un homme est assis, qui plonge sa cuillère dans le bol de soupe, et la mange lentement.
« Oh! Il a du culot cet homme! pense la brave dame. Je lui apprendrais bien les bonnes manières «
Mais elle s’assied sur le côté de la table, et charitablement le laisse manger un peu de sa soupe. Tirant un peu le bol à elle, elle plonge sa cuillère elle aussi, cherchant à partager au moins cette soupe avec lui.
L’homme retire doucement le bol vers lui, et continue de manger.
La dame se remet à le tirer légèrement vers elle, pour pouvoir y avoir accès. Et ils finissent la soupe ainsi.
Alors l’homme se lève, lui fait signe de patienter, et revient avec une portion de frites énorme, qu’il partage avec elle, comme la soupe.
Enfin ils se saluent, et la dame part aux toilettes. Mais quand elle revient, elle veut prendre son sac pour partir, et découvre qu’il n’est plus au pied de sa chaise.
« Ah! J’aurais bien dû me méfier de cet homme! ».
Elle hurle dans tout le restaurant, criant au voleur, jusqu’à ce que, finalement, on retrouve son sac, posé au pied d’une table où repose un bol de soupe refroidie…
SON bol auquel personne n’a touché.
C’était elle qui s’était trompée de table et avait partagé le repas de l’homme!
A méditer – Mabelle
Vieille légende indoue
Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver.
Le grand problème fut donc celui de trouver une cachette.
Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci :
– Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.
Mais Brahma répondit :
– Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera.
Alors les dieux répliquèrent :
– Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.
Mais Brahma répondit à nouveau :
– Non, car tôt ou tard l’homme explorera les profondeurs de tous les océans et il est certain qu’un jour il la trouvera et la remontera à la surface.
Alors les dieux mineurs conclurent :
– Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.
Alors Brahma dit :
– Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.
Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre. Il a exploré, escaladé, plongé et creusé à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.
Vieille légende indoue
Excellente semaine – Mabelle
Lettre sans message
Lorsque le conférencier entra dans l’auditorium où des centaines de personnes s’étaient réunies pour l’entendre, un homme lui remit un billet soigneusement plié.
Pensant qu’il s’agissait d’une question, il glissa le papier dans sa poche et continua de se frayer un chemin jusqu’à l’estrade.
Parvenu au pupitre, il déplia le papier et le lut. Sur le billet figurait un seul mot: « Idiot ».
Il ne perdit pas contenance et, s’adressant à la foule, il dit:
– Déjà plusieurs fois dans ma vie, j’ai reçu des messages que l’expéditeur avait oublié de signer. Mais en entrant dans cette salle, il m’est arrivé quelque chose d’extraordinaire : on m’a remis une feuille portant un seul mot: « Idiot » ! C’est la première fois de ma vie, je reçois une lettre signée par un individu qui a oublié d’écrire le message.
Merveilleuse semaine – Mabelle
Le diamant et la rosée
Un beau diamant, tombé des mains d’une princesse gisait dans un pré.
Juste au-dessus de lui, brillait une goutte de rosée, timidement accroché à un brin d’herbe.
Le soleil les faisait étinceler et la modeste goutte de rosée admirait la pierre de noble origine.
Un gros scarabée en promenade reconnut dans le diamant un personnage de haute origine.
– Seigneur, mes hommages.
– Merci mon bon, répondit le diamant avec hauteur.
En relevant la tête, le scarabée aperçut la goutte de rosée.
– Une de vos parentes, je présume ? Et il s’inclina une seconde fois.
Le diamant partit d’un éclat de rire méprisant.
– Quelle absurdité ! Déclara-t-il. Me mettre, moi, sur le même rang qu’un être vulgaire !
Sa beauté n’est qu’imitation : elle brille mais ne dure pas.
Et le diamant lança de tels feux que le scarabée fut ébloui.
La pauvre goutte de rosée était humiliée.
C’est alors qu’une alouette descendit en flèche et vint donner du bec contre le diamant.
– Ah ! fit-elle désappointée, ce que je prenais pour une goutte d’eau n’est qu’un misérable diamant.
Mon gosier est desséché, je vais mourir de soif.
– Une de plus ou de moins… ricana le diamant.
Mais la goutte de rosée venait de prendre une noble
résolution.
– Puis-je vous être utile, moi ? demanda-t-elle.
L’alouette releva la tête.
– Oh! ma précieuse amie, vous me sauveriez la vie.
Et la goutte de rosée glissa du brin d’herbe dans le
gosier altéré de l’alouette.
Voilà une leçon que je n’oublierai pas pensa le scarabée
en reprenant sa promenade. Le simple mérite vaut plus que le rang et la richesse sans modestie et sans dévouement. Il ne peut y avoir aucune réelle beauté sans cela.
Merveilleuse semaine
Mabelle
A méditer
La rose et les épines
Un homme avait vu une photo de rose sur un catalogue, il commanda le rosier et l’arrosa régulièrement.
Un jour, alors qu’il l’examinait, il vit qu’un beau bourgeon allait fleurir sous peu, mais il se piqua aux épines sur la tige.
« Comment une si belle fleur peut elle provenir d’un plant si mauvais et épineux? »
Attristé par cette pensée et en colère, il arrêta d’arroser la rose et avant qu’elle ne soit éclose, et elle mourut.
Nous pouvons tous être comparés à des roses. Les qualités implantées en chacun à la naissance croissent parmi les épines des erreurs.
Nous ne voyons bien souvent que les épines, les défauts.
Nous désespérons, négligeons d’arroser ce qu’il y a de bon en nous ou dans l’autre, par la confiance, les compliments, la gentillesse,…
A l’intérieur de chaque âme, il y a une rose que beaucoup ne voient pas.
Un des plus grands dons qu’une personne possède est d’être capable de passer par dessus les épines et de trouver la rose en elle et chez l’autre.
S’accepter imparfait et accepter les erreurs des autres, tout en reconnaissant la noblesse de l’âme.
Avec Amour et Bienveillance je vous souhaite le meilleur
Mabelle









