Archives par mot-clé : bourrache

Au potager, les fleurs ne sont pas une décoration

Ce sont les pièces manquantes du compagnonnage — l’équipe de soutien qui attire les prédateurs des ravageurs, qui sert d’appât détourné, ou qui perturbe par leur seule présence ceux que les légumes ne savent pas repousser seuls.

L’agroécologie reconnaît officiellement le rôle des bandes fleuries — c’est l’un des fondements du biocontrôle moderne. La méta-analyse publiée en 2023 dans la revue Agriculture, Ecosystems & Environment, portant sur plusieurs centaines d’études, confirme une réduction moyenne de 38 % de l’abondance des arthropodes ravageurs sur les cultures associées à des bandes fleuries ou à des cultures intercalaires, et de 41 % de leur densité.

Au jardin, les fleurs travaillent par quatre mécanismes distincts qui se complètent.

PLANTES-PIÈGES. La capucine (Tropaeolum majus) attire les pucerons noirs (Aphis fabae) par ses composés volatils et la couleur vive de ses corolles. Plantée au pied des fèves, des haricots, des courgettes ou des choux, elle concentre les colonies sur ses tiges plutôt que sur les légumes. Et les pucerons une fois agglutinés attirent à leur tour leurs prédateurs spécialisés — coccinelles, larves de syrphes, chrysopes — qui se dispersent ensuite sur le reste du potager. Double effet : appât pour les ravageurs, aimant pour leurs ennemis naturels.

PLANTES RÉPULSIVES. L’œillet d’Inde (Tagetes patula, Tagetes erecta) libère par ses racines un thiophène, l’α-terthiényl, dont l’activité nématicide contre Meloidogyne incognita et Pratylenchus est documentée scientifiquement par l’INRAE de Sophia-Antipolis. À noter : l’effet est maximal lorsque les tagètes sont cultivés en monoculture pendant deux à trois mois en amendement vert préalable — jusqu’à 90 % de réduction des populations de Meloidogyne spp. au-dessus de 15 °C — et plus modeste en simple compagnonnage instantané. Les tagètes repoussent aussi les aleurodes Bemisia tabaci sur tomate.

PLANTES NECTARIFÈRES POUR AUXILIAIRES. Les guêpes parasitoïdes adultes — Cotesia glomerata qui pond dans la piéride du chou, Trichogrammes qui parasitent les œufs de noctuelles et de carpocapses — sont des chasseuses spécialisées. Mais les adultes se nourrissent uniquement de nectar floral facilement accessible. Les Apiacées en fleur (aneth, coriandre, panais, persil monté, fenouil isolé), les composées simples (souci, cosmos, achillée millefeuille) et la phacélie offrent exactement ce nectar. Le souci (Calendula officinalis) attire spécifiquement les syrphes, dont les larves dévorent jusqu’à 50 pucerons par jour. La phacélie (Phacelia tanacetifolia) est l’une des plantes les plus mellifères connues — six semaines de floraison continue, du nectar pour les abeilles, du pollen pour les bourdons et un atterrissage pour les syrphes.

PLANTES POLLINISATRICES. La bourrache (Borago officinalis) déploie ses fleurs étoilées bleues dès le printemps et attire massivement abeilles et bourdons. Plantée au pied des fraisiers, elle augmente le taux de pollinisation et le calibre des fruits. Cucurbitacées, tomates, haricots, pois — toutes les cultures dépendantes des insectes pollinisateurs bénéficient de sa présence. Le cosmos, en plus de nourrir les pollinisateurs jusqu’aux gelées, pousse vite et ameublit avec ses racines les sols compactés.

Les bonnes proportions, en pratique : une bordure fleurie de trente à cinquante centimètres autour du potager (phacélie, souci, bleuet, cosmos), quelques poquets de capucine dispersés entre les fèves, les courgettes et les choux, deux pieds d’œillet d’Inde pour six pieds de tomate, et de la bourrache au pied des fraisiers. Trois ou quatre espèces bien réparties suffisent — pas besoin d’un catalogue.

Attente réaliste : un potager organisé avec ses fleurs auxiliaires subit une pression de ravageurs sensiblement réduite et permet en pratique de se passer de la plupart des insecticides. Ce n’est pas un bouclier absolu — c’est une couche préventive supplémentaire, qui s’ajoute au compagnonnage légume-légume et à la rotation des cultures. ✅

Une plante seule n’a jamais existé dans la nature. C’est nous qui avons inventé la propreté du rang nu — et c’est nous qui en payons le prix.

Et, en plus, les fleurs au jardin, c’est tellement joli

Mabelle

Ma vinaigrette préférée

J’aime souvent faire ma vinaigrette, incontournable des salades et autres crudités au fur et à mesure de mes besoins, en mélangeant huile, vinaigre, avec tout ce que j’ai sous la main, au gré de mes envies. Cependant, j’apprécie aussi d’avoir au frigo un flacon de vinaigrette préparée par avance qu’il me suffit de verser vite fait sur une petite salade.

En matière de vinaigrette, il est possible de varier à l’infini les différents ingrédients, mais malgré tout, l’une d’entre elles reste toujours ma préférée, qui a du goût et composée d’ingrédients sains. Je vous partage la recette de celle-ci. Elle ferait presque aimer la salade aux réfractaire

Dans un pot à moutarde vide (350gr), je verse :

– 100 g de vinaigre de cidre

– 50 g d’huile de Bourrache (Bourrache et Onagre étant deux huiles essentielles pour la régulation des hormones féminines)

– 50 g d’huile d’Onagre

– 2 cuillères à café de moutarde à l’ancienne

– 1 cuillère à café de miso blanc

– 3 tomates sèches mixées ou finement hachées (avant j’utilisais le vieux moulin à café de ma grand-mère pour les mixer, mais je pense qu’il devait bien avoir 50 ans et il m’a lâchée. Depuis lors, je hache finement les tomates sèches – pas celles qui trempent dans l’huile)

– 1 gousse d’ail finement râpée ou passée au presse ail

– 1 cuillère à soupe de graines de lin mixées (j’en avais mixé lorsque le moulin à café fonctionnait toujours, j’ai l’intention de regarder au magasin bio s’il existe des graines mixées)

– 1 cuillère à café rase d’herbes de Provence

– 1/2 cuillère à café de curcuma en poudre

– 1/2 cuillère à café de sel de Guérande

– 1/4 de cuillère à café de poivre

– je complète avec de l’eau chaude et, lorsque j’en ai sous la main, j’ajoute une petite échalotte finement ciselée

Je ferme le bocal, et je secoue bien

Cette vinaigrette se conserve au réfrigérateur et se bonifie avec le temps, mais je l’utilise souvent rapidement, donc pas de bonification à la maison.

Et vous, quelle est votre recette de vinaigrette préférée ? N’hésitez pas à me la partager.

Merveilleuse journée

Mabelle