Archives de catégorie : Textes à méditer

Des petits textes pour nous donner à réfléchir

Conte philosophique

Un vagabond, joyeux, avait pour passion la sagesse, et il passait de village en village avec sa charrette pour aider les gens à trouver le bonheur.

Il le fit généreusement pendant des années, usant souvent jusqu’à son dernier sou.

Parfois, des personnes très généreuses l’accueillaient pour un temps.

Pour remplir sa bourse et payer quelques péages, de ponts et impôts, il enseignait à de riches marchands comment développer encore mieux leur travail et s’enrichir, puis repartait pour aider de son mieux ceux qu’il rencontrait.

Un jour, fatigué par ce long voyage, il arriva dans un village très particulier.

« Ici, c’est chacun pour soi », lui dit un vieillard, « car depuis la disette, le Roi a donné l’ordre de ne faire pousser qu’un seul légume par jardin et de partager équitablement, mais personne n’y arrive ! ».

Le sage réunit les gens sur la place et écouta alors les doléances des villageois qui n’arrivaient pas à échanger équitablement.

Une pauvre femme, toute maigre, lui expliqua qu’elle cultivait le persil et que personne ne voulait lui échanger d’autres légumes à cause du volume nécessaire pour le même poids. Il n’y a pas d’épluchure dans le persil, mais personne n’en tenait compte…

Un autre homme fit la même réflexion avec les épinards, qu’il aurait volontiers échangés contre des carottes.

Une autre dit que le Diable était la cause de leur problème.

Alors, il eut une idée lumineuse : il demanda aux villageois d’apporter le plus grand chaudron qu’ils trouvaient, de le remplir d’eau et la mettre à bouillir sur un bon feu sur la place publique.

Chacun apportant équitablement du bois et de l’eau.

Ensuite, il prit un seau en fer, et demanda à chacun, tour à tour, de le rapporter rempli à raz bord de ses légumes épluchés et coupés.

Et il versait le contenu dans le chaudron.

Les volumes semblables ainsi obtenus avaient des poids totalement différents mais les villageois trouvaient que c’était équitable.

Lorsque la soupe fut prête, il invita chacun à venir se servir abondamment. Les villageois n’avaient pas mangé aussi bon et copieux depuis des lustres.

Ils promirent de continuer ainsi. Le partage fut vraiment bienvenu.

À son tour, l’homme leur demanda une compensation pour cet enseignement afin de continuer son chemin, et comme il ne pouvait emporter de denrées périssables, il leur demanda d’apporter chacun une cruche de bon vin dans le tonneau, qui était sur sa charrette.

« Je pourrai le vendre ou échanger au besoin’. Et il les remercia.

Les villageois très contents rentrèrent chez eux chercher les cruches et chacun pu voir le ballet des personnes allant verser le contenu dans le tonneau.

Le lendemain, avant de partir, le vagabond sage leur dit : « pour fêter mon départ et votre bonne entente, nous allons tous trinquer ensemble. Allez vite chercher vos verres ».

Chacun le fit avec plaisir et lui tendit son verre, mais tandis qu’il cherchait à servir le vin contenu dans le tonneau du don, seul un peu d’eau en sortit.

– « Comment cela est-il possible » ? Demanda le Sage.

Plusieurs villageois expliquèrent qu’ils avaient pensé que si chacun des autres versait du vin, ils pouvaient éviter de le faire et que le vagabond en aurait bien assez.

D’autres pensaient que la sagesse était un don de Dieu et ne devait pas être payée.

Un autre en haussant les épaules lui dit que l’enseignement était si commun qu’il y avait pensé depuis longtemps et donc qu’il n’avait rien à verser en échange.

Une personne pauvre expliqua avec humilité qu’elle avait rempli sa cruche d’eau et versé dans le tonneau pour donner ce qu’elle avait et faire comme les autres en pensant qu’un peu d’eau noyée au milieu de litres de bon vin ne ferait pas de différence.

D’autres, rentrées chez eux, avaient complètement oublié et étaient passés à d’autres occupations.

Les derniers, le ventre bien plein, n’avaient même pas entendu la demande et avaient fait une bonne sieste.

Ils s’attendaient tous à un sermon, mais le vagabond sage leur donna un bel enseignement de responsabilité :

‘Je suis entièrement responsable de cela, car en entrant dans ce village, j’ai accepté d’ajuster ma fréquence sur la peur du manque et par résonance, j’ai attiré ce manque. Je vous remercie pour la leçon.

Ceci m’aide à comprendre quels sont mes vrais choix de valeur et comment je dois réajuster.

Je choisis donc de m’élever au niveau de la valeur du tonneau plein et repars vers de nouveaux lieux qui correspondent à ce choix.

Je vais désormais rencontrer des personnes qui en comprennent la valeur et sont prêtes à la gratifier dans le partage, comme cette bonne soupe qui demande peu à chacun et devient un merveilleux repas.

Certains villageois apprécièrent cette nouvelle leçon et lui offrirent leur meilleur vin en abondance.

Le tonneau fut vite rempli avec joie et remerciements.

À partir de ce jour-là, le vagabond remercia chaque jour pour cette belle leçon et pour le tonneau constamment plein de bon vin partout où il allait.

Joéliah

Méfie-toi des personnes gentilles.

Pas parce qu’elles sont dangereuses, mais parce qu’elles savent exactement jusqu’où elles peuvent encaisser avant de décider de ne plus jamais revenir.

Tu peux profiter de leur patience.

Tu peux confondre leur calme avec de la faiblesse.

Tu peux croire que leur silence signifie qu’elles acceptent tout.

Tu peux penser qu’elles pardonneront toujours.

Mais les personnes profondément gentilles ont souvent une limite très claire : elles donnent beaucoup, elles comprennent beaucoup, elles pardonnent beaucoup… jusqu’au jour où elles comprennent qu’elles sont les seules à faire des efforts.

Et ce jour-là, elles ne crient pas forcément.

Elles ne se vengent pas.

Elles ne cherchent pas à détruire.

Elles partent.

Parce que la vraie gentillesse n’est pas de tout accepter. C’est de savoir aimer sans se trahir soi-même.

Alors ne prends jamais la bonté de quelqu’un pour une permission de lui manquer de respect. Les personnes gentilles ne deviennent pas méchantes. Elles deviennent simplement absentes.

Michel Khoury

On ne choisit pas toujours

On ne choisit pas toujours ce que la vie met sur notre chemin, mais on choisit la manière dont on décide de le parcourir

Avec le temps, on comprend de plus en plus une chose : vivre intentionnellement change tout.

Être intentionnel dans ses choix, ses habitudes, ses pensées, son énergie,

Etre intentionnel dans les mots que l’on prononce et ceux que l’on choisit délibérément de ne pas (ou plus) prononcer.

Être attentif aux personnes que l’on laisse entrer dans notre vie car certaines nous élèvent, tandis que d’autres nous vampirisent ou nous éloignent doucement de nous-mêmes.

Choisir consciemment ce à quoi on donne son temps parce qu’il est une richesse que personne ne pourra jamais nous rendre.

Et arrêter de vivre en fonction de ce que les autres attendent de nous.

On passe parfois des années à courir, à vouloir réussir, à vouloir prouver, à vouloir être à la hauteur… sans prendre le temps de se poser cette question toute simple : cette vie que je construis ressemble-t-elle vraiment à celle que j’ai envie de vivre, ou au moins me mènent elle vers elle ?

Le bonheur ne se trouve pas forcément dans les grands bouleversements mais se construit dans une multitude de petites décisions prises chaque au quotidien : les personnes que l’on choisit, les limites que l’on pose, les rêves que l’on refuse d’abandonner et les pas que l’on continue de faire même, et surtout, lorsque personne ne les voit.

Alors oui : soyons intentionnels.

Pas parfaits. Pas pressés. Simplement conscients de la direction que nous prenons.

Parce qu’au bout du compte, une vie se construit rarement en un seul grand choix. Elle se construit dans tous ces petits choix que personne ne remarque. ✨

Le véritable luxe n’est peut-être pas d’avoir tout ce que l’on veut, mais de savoir pourquoi l’on veut ce que l’on poursuit. Et le chemin vers ce but est tout aussi beau que le but atteint.

Prends soin de toi

Mabelle

Elle est revenue chaque jour pendant 6570 jours

S’agit il d’une histoire vraie ou inventée de toutes pièces, je ne le sais pas. Toujours est il qu’elle m’a touchée.

Je vous la partage.

Dans un établissement pénitentiaire, vivait une chatte écaille de tortue connue de tous. Elle avait perdu son oreille droite et portait une entaille sur l’autre. Sauvage, impossible à attraper, elle dormait sous un bâtiment de maintenance et survivait grâce aux restes laissés par les cuisines.

Les détenus l’avaient surnommée Judge.

Elle faisait partie du décor. Les gardiens la contournaient, les prisonniers la respectaient. Elle appartenait à tout le monde… et à personne. Pourtant, malgré des années passées dans la prison, elle n’avait jamais créé de lien avec un être humain.

Jusqu’à ce jour de novembre 2005.

👤 Un homme de 29 ans arriva pour purger une peine de prison à vie pour un meurtre qu’il affirmait ne pas avoir commis. Tous ses recours avaient échoué. Sa famille cessa rapidement de lui rendre visite. Son avocat passa à autre chose. Il était devenu un homme que tout le monde semblait avoir oublié.

Lors de sa première promenade dans la cour, il s’assit seul sur un banc en béton, près d’une clôture.

La chatte traversa tranquillement la cour… sauta sur le banc… et s’assit à côté de lui. ❤️

Tous les détenus et tous les gardiens furent surpris : jamais auparavant elle ne s’était approchée volontairement d’une personne.

Le lendemain, elle revint.

Puis le surlendemain.

Et le jour d’après.

Chaque jour.

Pendant dix-huit années.

🕐 Tous les après-midi, à la même heure, l’homme s’asseyait sur le même banc. Il posait simplement sa main sur le béton, paume ouverte. La chatte venait s’installer à quelques centimètres. Son pelage effleurait ses doigts.

Elle ne montait jamais sur ses genoux.

Lui ne la touchait jamais.

Ils gardaient toujours cette même petite distance.

Les gardiens racontaient qu’il lui parlait doucement, sans jamais la regarder directement. Personne ne cherchait à écouter. Certaines conversations méritent de rester secrètes.

Puis, en 2019, un projet universitaire consacré aux erreurs judiciaires reprit son dossier. 🧬

De nouvelles analyses ADN prouvèrent son innocence. Le véritable auteur du crime fut identifié.

En janvier 2023, sa condamnation fut annulée.

Le matin de sa libération, il signa les derniers papiers, récupéra les quelques effets personnels qu’on lui avait confisqués dix-huit ans plus tôt, puis marcha vers le portail principal.

Et là…

🐈 Judge était assise juste devant la sortie. Elle l’attendait.

Jamais, en dix-huit ans, personne ne l’avait vue près de ce portail. Pas une seule fois

Un gardien dira plus tard :

« C’était comme si elle savait qu’il allait sortir. »

L’homme franchit la porte.

Il s’arrêta.

Regarda la chatte.

Puis s’assit sur le bitume.

Comme toujours, il tendit la main, paume ouverte.

❤️ Cette fois, pour la première fois en 6 570 jours…

Judge combla elle-même la distance.

Elle posa sa tête contre sa main.

Il caressa doucement son unique oreille.

Et ils restèrent ainsi, immobiles, pendant un long moment.

Un gardien dira plus tard :

« Il n’a pas pleuré… C’était comme s’il déposait enfin un poids qu’il portait depuis si longtemps qu’il avait oublié qu’il existait. »

Son avocat avait préparé un logement temporaire pour lui.

L’homme demanda simplement :

« Est-ce que je peux emmener la chatte avec moi ? »

Le directeur répondit :

« Elle ne nous appartient pas… Elle ne nous a jamais appartenu. Emmenez-la. »

❤️ Il la prit dans ses bras.

Pour la toute première fois de sa vie, Judge se laissa porter.

Elle se blottit contre lui pendant tout le trajet.

Aujourd’hui, Judge est très âgée. 🐾 Son oreille restante est usée par le temps. Elle entend à peine, marche difficilement à cause de l’arthrose et dort presque toute la journée.

Mais chaque après-midi, à 13 h 15, elle retrouve l’homme.

Elle s’assoit exactement à la même place qu’autrefois.

Sa main repose entre eux.

Son pelage effleure toujours ses doigts.

Le même rituel.

Simplement déplacé d’une cour de prison à un salon.

Quelques mois plus tard, son avocat lui demanda :

— « Et si Judge n’avait pas été devant le portail ce jour-là ? »

Il répondit :

« Je serais retourné la chercher. »

L’avocat, surpris, demanda :

— « Vous seriez retourné dans la prison ? »

Il répondit :

« Pendant dix-huit ans, elle est venue s’asseoir près de moi tous les jours. Sous la pluie, sous la chaleur, dans le froid… alors que tout le monde m’avait abandonné. Elle était la seule à me choisir, chaque jour. Vous croyez vraiment que j’allais partir sans elle ? J’aurais accepté dix-huit années de plus pour être sûr qu’elle ne reste pas seule dans cette cour. »

Puis il ajouta :

« Ce n’est pas la justice qui m’a sauvé. Ce n’est ni l’espoir, ni le système. C’est une vieille chatte à une oreille qui, dès le premier jour, a décidé que j’étais le sien… et n’a jamais changé d’avis. Elle m’a offert quelque chose de plus précieux que la liberté : elle m’a rappelé, chaque jour, que j’existais encore. ❤️🐱 »

Le pardon est la plus grande arnaque jamais vendue aux personnes blessées.

Bonjour, je vous espère en forme. Je vous partage un texte de Michel Khoury.

On leur a fait croire que pardonner voulait dire reprendre. Rouvrir la porte. Faire comme avant. Effacer l’ardoise et recommencer avec le sourire, sinon c’est qu’on n’a pas vraiment pardonné.

Cette confusion a détruit plus de vies que la rancune.

Parce qu’elle transforme une libération intérieure en obligation sociale. Elle met la pression sur la personne qui a subi, jamais sur celle qui a fait. Elle donne un droit de retour permanent à des gens qui n’ont jamais rien réparé.

Combien de personnes sont retournées dans une relation destructrice en croyant faire preuve de grandeur d’âme. Combien ont repris un ami qui les avait salies dans leur dos, parce que la famille disait que la vie est trop courte. Combien ont revu quelqu’un qui les avait détruites, avec ce discours ambiant qui dit qu’il faut savoir tourner la page.

Tourner la page ne veut pas dire réécrire les mêmes lignes.

Le pardon véritable est une opération intérieure et solitaire. C’est décider d’arrêter de porter une colère qui coûte de l’énergie chaque jour. C’est cesser de rejouer la scène en cherchant la phrase qu’on aurait dû dire. C’est accepter que certaines personnes ne diront jamais pardon, et vivre quand même.

Ça ne concerne que celui qui pardonne. L’autre n’a aucun rôle là dedans.

Le pardon libère le mental. Il ne restaure pas l’accès.

Il est possible d’aimer quelqu’un sincèrement et de ne plus jamais lui ouvrir sa porte. Il est possible de comprendre l’histoire de quelqu’un, ses blessures, son enfance, et de refuser de payer la facture à sa place. Il est possible de souhaiter du bien à une personne à distance, pour toujours.

Ce n’est pas de la rancune. C’est de la lucidité.

Ce qui est présenté comme de la générosité est souvent une manière élégante de demander aux gens blessés de se taire pour préserver le confort de tout le monde.

Le pardon appartient à celui qui a mal. Personne d’autre n’a le droit de fixer la date.

Prenez soin de vous

Mabelle

Souviens toi

Souviens-toi que chaque jour est un privilège qui t’est donné de corriger tes erreurs et de mettre la lumière sur ce qui est encore dans l’ombre. Tu as la possibilité de tout transmuter.

Souviens-toi que la reconnaissance que tu attends est déjà en toi. L’extérieur n’est que le miroir de la non-confiance en l’être merveilleux que tu es 🪞.

Souviens-toi que tout ce que tu penses, tu le crées ; alors, donne-toi l’opportunité et la bienveillance de faire de ta vie un magnifique terrain de jeu.

Souviens-toi que ton âme est venue parfaire ses connaissances ; ne cesse pas d’apprendre, d’expérimenter, et même si parfois le chemin est ardu, fais-toi confiance et avance 🚶‍♀️.

Souviens-toi que tu as la force et la puissance de tout dépasser en recherchant la stabilité, en observant tes pensées, en apprivoisant tes peurs. Ose devenir toi, afin de rester totalement présent à ta mission.

Souviens-toi de ne pas te trahir toi-même ; le respect de ton être est essentiel. Bénis les personnes et les événements qui t’amènent à reconnaître ta force et ta puissance de vie.

Souviens-toi que tu es la personne la plus importante, que tu es unique et complet ; partage avec l’autre le meilleur de toi, tu vas ainsi l’aider à se dépasser, à se reconnaître dans son humanité.

Souviens-toi que tu viens de l’endroit le plus pur, le plus beau, le plus merveilleux 🕊️ ; il est en toi, il est la source qui te désaltère, la force de la consolation, la foi et la confiance qui te font avancer.

Source : Monique Damel. La Voie de l’Étoile ⭐

Prends soin de toi. Mabelle

Texte à méditer

Un groupe de jeunes diplômés, ayant tous entamé une brillante carrière, a décidé de rendre visite à un vieux professeur, qui avait pris sa retraite.

Pendant la visite, la conversation des jeunes se perdait en lamentations, sur le stress immense qui avait envahi leur vie et leur travail.

Le professeur ne fit aucun commentaire sur ce sujet, et leur demanda s’ils désiraient prendre une tasse de chocolat chaud.

Tous acquiescèrent. Le professeur se dirigea vers la cuisine, d’où il revient plusieurs minutes plus tard avec un pot de chocolat chaud, et de nombreuses tasses. Elles étaient toutes différentes, en faïence ou en porcelaine fine, en terre cuite, rustiques ou en simple verre.

Les unes ordinaires et les autres de grande valeur.

Il proposa seulement aux jeunes de se servir à volonté.

Quand tous eurent une tasse de chocolat chaud dans la main, il leur dit :

– « Regardez comme vous avez tous cherché à choisir les tasses les plus jolies et couteuses, en laissant les plus ordinaires et bon marché… bien qu’il soit normal que chacun désire le meilleur pour lui-même, ceci est l’origine de vos problèmes et de votre stress.

La tasse dans laquelle vous buvez n’apporte rien de plus à la qualité du chocolat chaud.

Dans la plupart des cas, c’est seulement une tasse plus raffinée et certaines ne permettent même pas de voir ce que vous buvez.

Ce que vous vouliez réellement, c’était du chocolat chaud, pas la tasse ; mais vous vous êtes dirigés inconsciemment vers les tasses de valeur ».

Tandis que tous confirmaient l’observation du professeur, plus ou moins embarrassés, celui-ci continua :

« Considérez maintenant la chose suivante : la vie est le chocolat chaud ; l’argent et la position sociale sont les tasses. Celles-ci sont seulement des moyens de contenir et de servir la vie. La tasse que chacun possède ne définit et n’altère pas la qualité de votre vie. Parfois, en se concentrant uniquement sur la tasse, on finit par ne pas apprécier le chocolat chaud que la vie nous offre.

Les personnes les plus heureuses ne possèdent pas toujours le meilleur de tout, elles savent seulement profiter au maximum de ce qu’elles ont… »

Auteur inconnu, lu sur ‘mon école, ma passion’

Voulez vous une tasse de thé ?

Pendant 50 ans, il a vécu en face d’une falaise connue pour les suicides. Chaque matin, il surveillait les silhouettes solitaires qui s’approchaient du bord. Puis il traversait la route, souriait et demandait :

« Voudriez-vous prendre une tasse de thé ? »

Il a sauvé au moins 160 vies. Probablement plus près de 500.

Le Gap se situe à l’entrée du port de Sydney, une spectaculaire série de falaises dominant l’océan.

Les touristes s’y rendent pour admirer les paysages et les vagues qui se fracassent contre les rochers. Les habitants, eux, connaissent cet endroit pour une réalité bien plus sombre. Pendant des décennies, il a été l’un des lieux de suicide les plus tristement célèbres d’Australie.

En 1964, Don Ritchie s’installa dans une maison située juste en face du Gap avec son épouse Moya et leurs trois filles.

Peu après leur arrivée, il remarqua quelque chose d’inquiétant.

Des personnes se tenaient seules près du bord de la falaise, le regard perdu vers l’horizon. Puis elles disparaissaient.

La plupart des gens auraient détourné les yeux.

Pas Don Ritchie.

Ancien marin de la Royal Australian Navy durant la Seconde Guerre mondiale, il avait appris à repérer les signes du danger. Avec le temps, il devint capable de reconnaître les comportements révélateurs d’une profonde détresse.

Chaque fois qu’il apercevait quelqu’un s’approcher dangereusement du précipice, il traversait calmement la route.

Sa méthode était simple.

Il souriait et demandait :

« Puis-je vous aider d’une quelconque manière ? »

Parfois, il ajoutait :

« Pourquoi ne viendriez-vous pas prendre une tasse de thé à la maison ? »

Pas de grands discours.

Pas de techniques compliquées.

Juste de la bienveillance.

Beaucoup acceptaient son invitation.

Don les ramenait chez lui, où Moya préparait du thé et leur réservait un accueil chaleureux. Ils s’asseyaient ensemble et discutaient. Parfois pendant des heures.

Son épouse plaisantait souvent en disant que Don continuait à « vendre la vie ».

Pendant des années, il avait travaillé comme vendeur d’assurances-vie. Désormais, il aidait les gens à trouver des raisons de continuer à vivre.

Officiellement, Don est reconnu pour avoir sauvé plus de 160 personnes. Cependant, ses proches estimaient que le nombre réel était probablement plus proche de 500.

Beaucoup sont revenus plus tard pour le remercier. Certains lui ont envoyé des lettres ou des cartes de Noël. D’autres lui ont raconté leurs mariages, leurs carrières, leurs enfants et toutes les expériences qu’ils n’auraient jamais connues sans cette simple conversation.

Toutes les tentatives de sauvetage n’ont malheureusement pas eu une fin heureuse.

Un jeune homme écouta Don pendant près d’une demi-heure avant de sauter malgré tout de la falaise. Cette perte le marqua profondément pendant des années.

Pourtant, Don ne cessa jamais d’essayer.

En vieillissant, il comptait moins sur l’intervention physique et davantage sur la compassion, la patience et le lien humain.

Pendant près de cinq décennies, il observa, attendit et traversa la rue chaque fois qu’une personne lui semblait perdue ou en détresse.

Ses efforts lui valurent une reconnaissance nationale, notamment la Medal of the Order of Australia ainsi que le prix de l’Australia’s Local Hero Award.

Lorsque Don Ritchie s’éteignit en 2012 à l’âge de 85 ans, il laissa derrière lui un héritage remarquable.

Non pas parce qu’il avait reçu une formation spéciale.

Non pas parce qu’il possédait des pouvoirs extraordinaires.

Mais parce qu’il prêtait attention aux autres.

Il remarquait les personnes que tout le monde ignorait.

Et parfois, la différence entre la vie et la mort ne tenait qu’à un sourire, une oreille attentive et une simple question :

« Voudriez-vous prendre une tasse de thé ? »

La vie te renvoie la façon dont tu te traites

La vie ne m’a jamais traité comme je disais le mériter. Elle m’a toujours traité comme je me traitais moi-même. Tant que j’ai accepté moins que ce dont j’avais besoin, c’est exactement ce que j’ai trouvé sur mon chemin. Tant que j’ai fait taire ce que je ressentais pour ne déranger personne, je me suis peu à peu éloigné de moi-même. Tant que j’ai cherché l’approbation des autres pour croire en ma propre valeur, je leur ai confié une clé qui ne leur appartenait pas. Ce n’est que bien plus tard que j’ai compris que la vie ne répond pas à mes intentions. Elle répond à la relation que je construis avec moi-même. Si je m’abandonne, elle me montre l’abandon. Si je me manque de respect, elle place devant moi des situations où ce manque de respect se répète. Si je vis en guerre permanente contre moi-même, je finis par rencontrer des batailles partout. Non pas parce qu’il existerait une punition invisible, mais parce que ce que je tolère en moi finit toujours par définir ce que je considère comme normal. Tout a commencé à changer le jour où j’ai cessé d’attendre que quelqu’un vienne réparer ce que je continuais moi-même à détruire. J’ai commencé à m’écouter avant de me contredire. À me protéger avant de me justifier. À dire « non » sans culpabilité, et « oui » seulement lorsque mon cœur le disait lui aussi. C’est alors que j’ai compris que la vie ne me rendait pas ce que je faisais aux autres. Elle me rendait avant tout ce que je faisais à moi-même. Voilà pourquoi l’amour de soi n’est ni un luxe ni une mode. C’est une responsabilité. Car la manière dont je me regarde finit toujours par apprendre à la vie la façon dont elle doit me regarder. Et, au bout du compte, elle se contente de me rendre, en silence, ce que je choisis chaque jour de faire de moi.

— José Micard Teixeira

C’est quoi le bonheur

Dis pépé, c’est quoi le bonheur ?

Le bonheur mon enfant, c’est d’avoir des yeux,

Même en vitrine, sous d’horribles lorgnons.

Pouvoir observer, sur la fleur, un bourdon

Gorgé de nectar, s’arracher vers les cieux.

Le bonheur, mon petit, c’est d’être fasciné

Par une perle de rosée, courant sur le fil de la vierge,

Dans une aube radieuse au soleil qui émerge,

Cordiale promesse d’une belle journée.

Le bonheur, tu sais, c’est pouvoir admirer,

Dans l’azur doré d’un printemps qui s’éveille,

Un magnifique rapace qui, de là-haut, surveille

Le lapereau étourdi qui a quitté son terrier.

Le bonheur, mon garçon, c’est pouvoir arpenter

La garrigue provençale, ta main dans la mienne :

Balade matinale, avant que ne survienne

Le vent brûlant, au zénith de juillet.

Le bonheur, mon enfant, c’est quand la pluie est tombée

Et fait que la terre craquelée et agonisante,

Exhale soudain une odeur douce et enivrante,

Pour remercier le ciel de la bienfaisante ondée.

Le bonheur, vois-tu, c’est, quand finit l’été,

Cueillir une pomme au sein du verger familial,

L’essuyer sur sa blouse, d’un geste machinal,

Puis mordre à belles dents, dans sa chair sucrée.

Le bonheur, tu sais, il se trouve n’importe où :

Se coucher dans le pré, écouter chanter l’herbe,

Le souffle du Mistral dans le chêne superbe,

Le murmure du ruisseau, polissant ses cailloux…

Je te souhaite des choses pures, du bonheur !

Point n’est besoin d’honneurs et de richesses.

Qu’un avenir utopique, et de folles promesses,

Ne puissent jamais, ô jamais ! Endurcir ton cœur.

Pierre Clérico