La mousse au chocolat apporte un peu de douceur

Bonjour, je vous espère en forme. Je vous partage ce matin une petite histoire trouvée sur le net.

Mon fils de six ans a réduit une inconnue au silence – sans un seul mot de colère, mais avec un geste qui m’a fait honte.

Je m’appelle Antoine, je suis architecte, et ce jour-là, j’avais passé dix heures à me battre avec des plans et des clients indécis. J’étais vidé.

J’ai récupéré mon fils, Léo, six ans, à la sortie de l’étude surveillée. Contrairement à moi, il était une boule d’énergie, sautillant dans ses bottes en caoutchouc, racontant sa journée à cent à l’heure. Comme le frigo était vide et que je n’avais aucune envie de cuisiner, nous nous sommes réfugiés dans une petite brasserie de quartier, pas très loin de chez nous.

C’est le genre d’endroit qui rassure : une odeur de steak-frites, le bruit familier de la machine à café, des banquettes en moleskine un peu usées et cette chaleur humaine qui vous enveloppe dès l’entrée.

Nous nous sommes installés. Léo a retiré son bonnet, les cheveux en bataille. À la table voisine, il y avait une dame âgée. Elle était l’image même de l’élégance classique à la française : un carré gris impeccable, un foulard en soie, le dos droit, mangeant seule avec une dignité presque intimidante.

Elle ne nous a pas regardés, mais j’ai senti un léger soupir quand Léo a fait grincer sa chaise. Elle dégageait cette aura de sévérité qu’ont parfois les gens qui ne supportent plus le désordre du monde.

Le garçon a apporté nos plats. Un hachis parmentier fumant pour Léo.

Soudain, mon fils m’a regardé avec ses grands yeux sérieux. — Papa ? Je peux dire merci ?

J’ai souri. Nous ne sommes pas des pratiquants zélés, mais Léo a ce besoin de « remercier l’univers », comme il dit. — Vas-y, bonhomme.

Léo a joint ses mains maladroitement. Le brouhaha de la brasserie a semblé s’estomper autour de nous. — Merci pour le hachis parmentier, a-t-il dit d’une voix claire. Merci que Papa soit là. Et… — il a marqué une pause théâtrale — je serais vraiment très reconnaissant si on pouvait avoir une mousse au chocolat après. Parce que j’ai été très sage. Amen.

C’était innocent, mignon, un peu opportuniste, comme le sont les enfants. J’ai ri doucement.

Mais pas la dame d’à côté.

Elle a posé sa fourchette avec un bruit sec contre la porcelaine. Sans me regarder, elle a murmuré, mais assez fort pour que nous l’entendions distinctement : — Quelle indécence. Mélanger la prière et la gourmandise. Les enfants d’aujourd’hui n’ont plus aucun respect, aucune éducation. Tout leur est dû.

Les mots étaient tranchants comme du verre. L’ambiance a changé instantanément.

Léo a tout entendu. Son visage s’est décomposé. La lumière dans ses yeux s’est éteinte. Il s’est recroquevillé sur sa banquette, me regardant avec panique. — J’ai fait une bêtise, Papa ? Le Bon Dieu est fâché ?

J’ai senti une bouffée de colère monter. J’avais envie de me lever, de dire à cette dame que son aigreur n’avait pas sa place ici. Mais j’ai vu la détresse de mon fils. Je l’ai pris par l’épaule. — Non, Léo. Ta prière était très belle. On a le droit de demander de la douceur. Ce n’est pas une bêtise.

Nous avons fini le repas en silence. La joie avait quitté la table. Léo mangeait à peine. La dame, elle, continuait son repas, impassible, murée dans sa tour d’ivoire.

Quand le serveur est revenu, j’ai commandé la mousse au chocolat. Je voulais prouver à Léo qu’il n’avait rien fait de mal.

Quand le ramekin est arrivé — une belle mousse onctueuse, noire et brillante — Léo l’a fixée sans y toucher. Il réfléchissait. Je voyais ses petits sourcils froncés.

Puis, il a fait quelque chose qui m’a cloué sur place.

Il a glissé de la banquette. Il a pris son ramekin de mousse au chocolat dans ses deux mains, comme un trésor fragile.

— Léo ? ai-je chuchoté.

Il ne m’a pas répondu. Il s’est dirigé vers la table de la dame.

Elle a sursauté quand il s’est planté devant elle. Elle l’a regardé avec cet air sévère, prête à le réprimander.

Léo a posé la mousse au chocolat devant elle, sur la nappe blanche.

Il l’a regardée droit dans les yeux, avec cette franchise désarmante que seuls les enfants possèdent. — C’est pour vous, Madame, a-t-il dit doucement. Papa dit que quand on est fâché contre le monde, c’est qu’on manque de douceur. Moi, ça va, j’ai mon Papa. Prenez le chocolat. C’est bon pour le cœur.

Le silence s’est fait dans notre coin de la brasserie.

J’ai vu le visage de la dame se transformer. Le masque de rigidité s’est fissuré. Elle a regardé le chocolat, puis Léo, puis encore le chocolat. Ses lèvres ont tremblé. Ce n’était plus une bourgeoise sévère. C’était juste une vieille dame terriblement seule.

Ses yeux se sont voilés de larmes. Elle a tendu une main hésitante, a effleuré le bras de mon fils. — Merci, petit, a-t-elle dit d’une voix éraillée, méconnaissable. Personne… personne ne s’occupe de moi d’habitude.

Elle a essuyé une larme discrètement du revers de la main.

Léo lui a fait un petit sourire, a tourné les talons et est revenu s’asseoir, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. — On peut rentrer, Papa ? Je suis fatigué.

Nous sommes sortis sous la pluie parisienne. En passant devant la vitrine, j’ai jeté un dernier coup d’œil. La dame ne mangeait pas la mousse. Elle la regardait, les mains posées autour du ramekin, et elle souriait tristement.

Ce soir-là, en rentrant, j’ai réalisé quelque chose. Je passe ma vie à dessiner des bâtiments solides, à chercher l’équilibre des structures. Mais mon fils de six ans, avec un simple dessert et un cœur immense, avait compris l’essentiel.

Il n’avait pas répondu au jugement par la colère. Il avait répondu par la grâce.

Et dans cette petite brasserie anonyme, il m’a donné la plus belle leçon de foi qui soit. Parfois, le sacré ne se trouve pas dans les textes, il se trouve dans une mousse au chocolat offerte à une inconnue qui avait oublié le goût de la gentillesse.

Et si vous avez besoin d’un peu de douceur dans votre vie ou connaissez quelqu’un à qui cela ferait du bien et avec qui la partager, je vous partage une recette on ne peut plus simple de mousse au chocolat. Vous n’aurez besoin que de deux ingrédients : 100g de chocolat et 50ml d’eau.

  • Cassez le chocolat en petits morceaux, ajoutez l’eau bouillante (vous pouvez ajouter un peu de fleur de vous aimez ça) jusqu’à ce que le chocolat soit fondu et la préparation homogène
  • Déposez le bol de chocolat fondu dans un grand bol d’eau glacée. Fouettez la préparation pendant 5 minutes. Il est important de respecter le temps indiqué à cette étape puisque celui-ci est nécessaire afin de créer une belle mousse onctueuse. En fouettant les ingrédients pendant plusieurs minutes, les particules de gras du chocolat se disperseront dans l’eau et des bulles d’air seront incorporées, créant une mousse.
  • Répartissez la préparation crémeuse dans des verrines et réfrigérez au moins 6 heures avant de déguster.

En goûtant à cette délicieuse mousse au chocolat maison, il est difficile de croire que celle-ci est réalisée avec seulement deux ingrédients.

Bon appétit, prenez soin de vous. Mabelle

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