Le corps est le temple des souvenirs

Bonjour, je vous espère en pleine forme.

Le corps n’est pas qu’un assemblage de chair, d’os et de nerfs. C’est un champ de mémoire. Chaque tension est une phrase que l’égo n’a pas su dire, chaque douleur, une émotion qu’il a voulu taire. Le corps porte ce que l’inconscience refoule. Il est l’ultime messager de ce qui attend encore d’être vu.

Quand l’égo rejette la souffrance, le corps s’en charge. Il encaisse les colères retenues, les humiliations non digérées, les tristesses avalées. Il y a aussi les blessures qu’on cultive, qu’on entretient, qu’on caresse jusqu’à s’y noyer. Certains ne refoulent pas leurs émotions, ils s’y installent, ils s’identifient à leur douleur au point de la rendre vivante en eux. Et le corps, ne sachant plus si la blessure est passée ou présente, continue d’en reproduire les effets, encore et encore.

Refuser de sentir enferme la mémoire. S’y complaire la fait tourner en boucle. Dans les deux cas, c’est la même captivité. Et un jour, le corps parle, d’abord à voix basse, puis en cris. Mais l’homme, dans son ignorance, croit qu’il est victime de sa biologie. Il ne voit pas qu’il récolte les fruits de ses refus.

Certes, les produits chimiques, la nourriture industrielle, la pollution blessent le corps. Ils le saturent, le surchargent, et fatiguent ses défenses. Mais ces poisons visibles ne font souvent qu’amplifier les poisons invisibles. Car le corps ne reçoit pas seulement ce que l’on mange, il reçoit ce que l’on pense, ce que l’on ressent, ce que l’on croit. Et lorsque l’émotion devient elle-même toxique, répétée, refoulée ou amplifiée, elle agit comme une substance acide à l’intérieur des cellules.

Le corps ne juge pas, il exécute. Il transforme tout en expérience, jusqu’à ce que la conscience se déploie. Et quand elle se déploie, elle comprend que guérir, ce n’est pas corriger une erreur, c’est réintégrer une part de soi qu’on avait exilée dans la matière.

Prenez soin de vous

Mabelle