Vieillesse et sagesse

Bonjour, je vous espère en très grande forme.

Je vous partage un texte de Mel Syl

Prenez soin de vous – Mabelle

« C’est amusant, je ne m’y attendais pas…

J’adore vieillir, je trouve qu’on devient intelligent…

Ce que l’on perd en beauté, on le gagne en bonté, en profondeur, en conscience du bonheur, en capacité à aimer et être aimé, en simplicité, mais surtout en honnêteté…

Je crois que c’est à cela que l’on mesure le temps : en vieillissant, toutes les couches de vêtements que tu as additionnées sur ta peau tu les retires, tu oses ôter tes boucliers, tu oses t’affronter et te regarder…

Savoir qui tu es pour de vrai, loin de toutes les images que tu t’étais dessinées, que tu avais inventées, créées, du personnage que tu t’étais construit pour te protéger des méchants et même des gentils…

Et l’amour dont je parlais tant…?

J’aime autant, peut-être même plus qu’avant et ceux même s’il y a bien longtemps que je n’ai pas traversé la rue pour rejoindre un amant…

Oui, j’aime autant mais je trouve ce sentiment si puissant, absolument, radicalement, totalement, différent…

Je vais t’expliquer…

Je n’ai plus hâte de porter des menottes,plus hâte d’aller pleurer silencieusement dans ma grotte, je ne me sens plus le désir d’aimer de manière ravagée, tourmentée, déséquilibrée, d’être dominée, écrasée, annihilée, par l’autre aimé, par sa beauté, son intelligence ou sa spiritualité…

J’ai étudié et voilà quelques années que j’ai troqué l’amour de l’amour pour l’amour de l’étude…

La sagesse est une ivresse…

Je n’ai plus hâte que la passion m’écorche les poignets, les chevilles, le sourire et la paix…

Je n’ai plus hâte de prouver que je vaux la peine d’être aimée…

Il s’est passé quelque chose, ces trois dernières années, en m’enfermant dans mes livres je me suis rencontrée, les pages ont été des miroirs où je me suis enfin regardée pour de vrai…

J’ai osé la pudeur, le murmure de celle que l’on est, la fragilité, la bonté, l’humilité, la pureté…

La pureté cet absolu que je cherchais au plus profond de certaines pages inattendues, j’ai retrouvé celle que j’avais en chemin perdue…

Avec l’âge, j’ai retrouvé la pureté de l’enfant que j’étais…

Vieillir c’est retrouver celui ou celle que l’on avait bien caché sous l’oreiller de ses années…

Aimer, c’est tout le chemin que l’on fait pour apprendre à se respecter et cela me plaît… »