Au départ, le PEB avait un objectif simple : informer.
Comme lorsque vous achetez un frigo, une télévision ou une machine à laver : une étiquette énergétique vous aide à comparer deux produits. Libre à chacun ensuite de faire son choix.

Mais petit à petit, l’État, les banques et toute une série d’acteurs s’en sont mêlés.
Aujourd’hui, un mauvais PEB peut : empêcher d’indexer un loyer, compliquer l’obtention d’un crédit, diminuer la valeur d’un bien, donner accès (ou non) à de meilleurs taux d’emprunt, et bientôt obliger certains propriétaires à réaliser des travaux parfois totalement déconnectés de leur réalité.
J’ai vendu ma maison il y a 10 ans pour un prix dérisoire et en ai acheté une bien plus petite, moins confortable, n’ayant plus aucune intimité, sans aucun cachet authentique tout en devant refaire un crédit. Tout ça pour une prétendue écologie ridicule. Les personnes qui l’ont achetée, pour la mettre aux nouvelles normes ont fait des travaux qui en décuplent le prix.
Pourquoi devrait-on m’imposer (j’écris à la première personne du singulier, mais je n’ai pas choisi de rester dans cette maison vu l’ampleur des travaux demandés) de remplacer une chaudière qui fonctionne parfaitement, pour près de 10.000 €, alors que ma facture mensuelle de gaz pour le chauffage dépasse à peine 50 € ? Où est la logique écologique ? Où est la logique économique ?
On me dit que je dois isoler, changer les châssis (qui étaient en bois de qualité et parfaitement entretenus mis aux ordures pour faire place à du plastic), remplacer la chaudière (ancienne certes mais en parfait état de marche et qui a toujours été bien entretenue pour faire place à une neuve à condensation avec obsolescence programmée), installer une ventilation (qui n’est pas capable d’ouvrir une fenêtre ?), isoler (il faut pour ça démolir la moitié de la maison) .. alors que ces travaux ne seront parfois jamais rentabilisés sur la durée de vie du bâtiment.
Adieu tous les projets de vie parce qu’avant tout cela, je dois investir des dizaines de milliers d’euros dans des travaux imposés par un calcul théorique.
Le PEB ne mesure pas la consommation réelle d’un logement. Il estime une consommation sur base d’un modèle théorique. Deux familles vivant dans le même appartement peuvent consommer du simple au triple.
Pourtant, ce chiffre théorique devient aujourd’hui un véritable juge : il influence les loyers, les crédits, les taxes, la valeur des biens et demain peut-être même le droit de vendre ou de louer, voire d’habiter certains logements.
Je suis évidemment favorable à la rénovation énergétique lorsque celle-ci est intelligente, progressive et économiquement justifiée.
Mais il est inadmissible que des milliers de propriétaires soient pénalisés sur base d’un outil qui, à l’origine, n’avait qu’un rôle informatif.
Une transition écologique ne peut pas se faire en oubliant le bon sens, la réalité du terrain et le portefeuille des familles.
Et pourtant un certificat théorique a énormément de conséquences sur la vie des propriétaires et des locataires, au point de voir certaines personnes se retrouver à la rue. C’est ça l’écologie ? C’est ça la transition ?
Belle transition de mettre des personnes à la rue plutôt que de leur laisser un toit parce qu’une lettre théorique sur un papier ne convient pas à certains complètement déconnectés de la réalité.
Prenez soin de vous
Mabelle