
Citation de la semaine


Un an après les événements tragiques du 11 septembre 2001, une courte note est parue dans un journal américain.
Simple. Discrète. Puissante.
Lis-la attentivement. Et si tu es du genre à te frustrer souvent pour des petites choses de la vie… lis-la deux fois.

« Tu as peut-être entendu parler du PDG d’une grande entreprise qui a survécu aux attaques simplement parce que c’était son tour d’amener son enfant à la garderie.
Un autre homme a survécu parce que c’était son jour pour apporter les beignes.
Une femme est arrivée en retard parce que son réveil n’a pas sonné.
Quelqu’un est resté coincé dans le trafic sur le New Jersey Turnpike.
Un autre a manqué l’autobus.
Une personne a renversé du café sur son chemisier et a dû se changer.
La voiture de quelqu’un n’a pas démarré.
Quelqu’un est retourné répondre à un appel téléphonique.
Un autre parent a été retardé car son enfant a mis trop de temps à se préparer.
Un homme n’a pas pu trouver de taxi.
Mais ce qui m’a le plus marqué — c’est cet homme qui a survécu parce que ce matin-là, il portait des chaussures neuves.
Elles lui ont fait une ampoule, alors il s’est arrêté à la pharmacie pour acheter un pansement.
C’est pour ça qu’il est vivant. »
Et maintenant, quand je me retrouve coincé dans le trafic, que je manque un ascenseur, que je retourne à la maison chercher mes clés ou que je réponds à un appel à la dernière seconde…
Je prends une pause et je me dis :
Peut-être que je suis exactement là où je dois être. Peut-être que ce retard est une protection que je ne comprendrai jamais.
Alors la prochaine fois que ta matinée ne se passe pas comme prévu —
Les enfants sont lents à se préparer.
Tu ne trouves pas tes clés.
Tu pognes toutes les lumières rouges…
Ne te fâche pas. Ne panique pas.
Dieu est peut-être en train d’agir. Te protégeant d’une façon que tu ne verras jamais.
Via Anabelle Hébert

Un jour, quelqu’un a demandé à un moine bouddhiste : « Que se passe-t-il quand on meurt ? »
Il a souri, et il a dit : « C’est une bonne question. »
Puis il a raconté ceci :
« Avant même de naître, nous flottons déjà dans l’eau, dans le ventre de notre mère.
Nous sommes une goutte, encore reliée à sa source, bercée, portée, invisible au monde mais déjà vivante.
Puis vient la naissance.
La goutte tombe. Elle se sépare. Elle prend une forme, un nom, une histoire, un chemin qui lui est propre.
Et pendant toute une vie, elle croit être seule, séparée de tout le reste.
Jusqu’au jour où, doucement, elle revient. Elle ne disparaît pas.
Elle rejoint l’océan qu’elle n’a en réalité jamais quitté. »
Je m’occupe de personnes âgées, certaines très âgées et je les vois un peu plus diminuées au fil du temps. A chaque jour qui passe, je me dis que ça pourrait être le dernier. ![]()
Je pense à elles, à ce ventre qui les a portées avant même que le monde ne les connaisse.
Je pense à cette goutte qu’elles ont été, tombées dans une vie entière de gestes, de mots, d’amour donné et reçu. Et je pense à cet océan qui les attend, immense, pas comme une fin, mais comme un retour.
Cette pensée ne rend pas les jours plus faciles. Elle aide à regarder autrement, l’important ne se perd pas vraiment. L’amour ne fait que revenir à plus grand.
Alors je prends une main qui me serre un peu moins fort qu’avant, je regarde une goutte encore là, encore lumineuse, je souris et je pense à l’océan.
Chaque jour est un cadeau, un privilège immense qu’elles soient encore présentes un peu et m’apportent autant que je tente de leur apporter.
Nous avons tous, à un moment de notre vie, perdu quelqu’un que nous aimions. Et pourtant, cette personne continue de vivre, à travers nous, à travers ce qu’elle nous a transmis, à travers chaque geste d’amour qu’on répète bien souvent sans même y penser.
Honorons cette vie en nous, et celle qui continue à travers ceux qu’on a connus et aimés.
Prenons soin de tous.
Mabelle
On raconte qu’un juge demanda à l’assassin du président égyptien Anouar el-Sadate :
Pourquoi avez-vous tué Sadate ?
Parce qu’il était laïc.
Que signifie « laïc ?
Je ne sais pas.

Quelques années plus tard, après la tentative d’assassinat de l’écrivain Naguib Mahfouz, le juge interrogea son agresseur :
Pourquoi l’avez-vous poignardé ?
À cause de son roman.
L’avez-vous lu ?
Non.
Puis vint le procès des assassins de Farag Foda :
Pourquoi l’avez-vous tué ?
Parce que c’était un infidèle.
Comment le saviez-vous ?
À cause de ses livres.
Lesquels avez-vous lus ?
Aucun.
Comment cela ?
Je ne sais ni lire ni écrire.
Trois histoires. Une même leçon ; la haine ne naît presque jamais de la connaissance.
Elle prospère dans l’ignorance, les rumeurs, les slogans et les certitudes empruntées aux autres.
Connaître, c’est comprendre. Comprendre, c’est nuancer. Nuancer, c’est reconnaître l’humanité de celui qui pense différemment.
La plupart des personnes qui vous détestent ne vous connaissent pas réellement. Elles combattent souvent une image, un préjugé ou un fantasme qu’elles ont construit à votre place.
La connaissance éclaire. L’ignorance condamne.
Et le fanatisme commence souvent là où la réflexion s’arrête…
TOUS LES PRÉJUGÉS, LES JUGEMENTS, LES INTERPRÉTATIONS, LES INCONSCIENCES, LES IGNORANCES, LES ÉTIQUETTES, LES ACCUSATIONS, LES RUMEURS GRATUITES SONT DES DANGERS POUR LA VIE.
Prenez soin de vous
Mabelle
Le tas de bois que vous alliez emmener à la déchetterie est un hôtel cinq étoiles pour soixante espèces. Déposez-le dans un coin, ne le touchez plus jamais, et regardez ce qui s’installe.

Matériel : branches de taille de différents diamètres (3-15 cm), quelques bûches, feuilles mortes, un coin ombragé ou mi-ombragé contre un mur ou une haie.
Étapes : empiler les grosses bûches à la base en laissant des espaces irréguliers entre elles, croiser les branches moyennes au-dessus, entasser les petites branches et brindilles en vrac sur le dessus, combler quelques interstices avec des feuilles mortes sans tasser, laisser des ouvertures latérales au niveau du sol.
Le bois mort est la ressource la plus rare dans les jardins modernes. Tout est ramassé, broyé, évacué — et avec lui disparaissent les espèces qui en dépendent.
Le lucane cerf-volant pond dans les bûches en contact avec le sol. Ses larves se développent pendant trois à cinq ans dans le bois en décomposition avant d’émerger — le plus gros coléoptère de France, et il a besoin d’un tas de bois pour exister. Le hérisson s’installe dès le premier automne pour hiberner dans les interstices entre les bûches basses — un abri sec, isolé, invisible aux prédateurs. L’orvet fragile, ce lézard sans pattes que tout le monde prend pour un serpent, chasse les limaces la nuit depuis la base du tas. Le troglodyte mignon niche dans les cavités entre les branches dès mars. Les champignons saprophytes colonisent les bûches humides et recyclent la cellulose en humus.
Timeline : Mois 1 → cloportes, mille-pattes, araignées. Mois 3 → coléoptères, forficules. Automne 1 → hérisson potentiel. Année 2 → champignons, larves de lucane. Année 3+ → écosystème autonome.
Un jardin trop propre est un jardin qui a expulsé ses locataires. Le désordre contrôlé, c’est de la biodiversité organisée.
Pensez à eux
Mabelle